Jean-Marie Bigard se livre dans une auto-interview - son amour de bébé, la polémique, son actu... Il dit tout !

Truculent‚ ce joyeux luron de 55 ans a toujours assumé la direction prise dans l'humour et ses décisions en général. Doté d'une générosité intarissable‚ le comique-comédien a maintenant l'occasion de partager cet amour grâce à la venue au monde de son fils Sasha ‚ que sa femme Claudia [46 ans] lui a donné le 19 juin 2009.

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Désireux de jouer la carte de la totale transparence‚ tant avec la presse que ses fans‚ Jean-Marie n'a pas hésité à poser avec son adorable poupon‚ notamment à la sortie de l'hôpital : et force est de constater que ce bébé est à croquer !

Afin de partager son bonheur‚ l'humoriste a accepté de se prêter au jeu de l'auto-interview pour nous en prenant le soin d'également recueillir les impressions de sa belle et douce épouse.

Partie 1 : Bigard… par Jean-Marie

Question : Pourquoi être allé à l'hôpital public et non pas à l'hôpital Américain à Neuilly comme toutes les stars‚ surtout avec les problèmes de santé de Claudia ?

Réponse : Eh bien parce que l'hôpital public c'est mieux‚ c'est dix fois mieux. Nous avons les meilleurs hôpitaux et le meilleur service public au monde‚ et comme la grossesse de Claudia était super compliquée‚ on avait besoin d'avoir l'urgentiste - c'est à dire le service de réanimation de La Pitié Salpêtrière qui est aussi l'un des meilleurs du monde- et l'anesthésiste que l'on a vu une fois par semaine à partir du 4ème mois de grossesse.

Tout ça pour dire‚ que tout le monde appréhendait l'accident. A 46 ans‚ Claudia était auto-immune de ses plaquettes‚ elle a été transfusée avec de la Tégéline et sous cortisone pendant 8 mois. C'était une grossesse sous haute surveillance et à hauts risques… très hauts risques ! Mais si on aime sa femme et si on veut avoir un bébé : on va à l'hôpital public parce que c'est le meilleur !

J'ai remarqué que dans cet hôpital public -où Claudia avait une chambre de 8m² avec la douche commune dans le couloir- que toutes les personnes qui sont reçues là bas‚ sont traitées avec une égale compétence‚ une égale amabilité et j'ai trouvé ça vraiment extraordinaire. Que l'on s'appelle Jean-Marie Bigard ou que l'on soit une femme sans un sou et sans un habit à mettre à son bébé‚ tout le monde est traité avec les mêmes égards et les même compétences‚ et ça il faut vraiment le saluer.

J'ai d'ailleurs décidé de faire‚ avec une amie‚ un petit stock de vêtements de bébé que l'on va continuer à alimenter pour que les mamans qui n'ont rien à mettre sur le dos de leur bébé puissent avoir les premières grenouillères‚ des choses dont on ne se sert que peu de temps. J'ai aussi incité et j'incite toutes les jeunes mamans qui ne se servent plus des vêtements trop petits de donner tout ça au service public parce qu'il y a des mères qui n'ont vraiment rien pour habiller leurs enfants…

Deuxième chose‚ je tiens à préciser que je me suis prêté au jeu de cette photo‚ [le jour de la sortie de l'hôpital ndlr] parce que contrairement à la plupart des autres artistes‚ j'aime bien la presse people. Je trouve qu'ils ont une morale que l'on ne souligne pas assez souvent et surtout beaucoup plus qu'on ne pourrait le penser. 
Ces photos‚ ainsi que celles que vous publiez‚ vont générer un petit peu d'argent.  C'est le premier argent que gagne Sasha ! Il va servir à ouvrir une maternité au Burkina Faso. C'est un projet que je suis depuis un moment avec un ami pédiatre‚ qui a déjà monté un centre médical auquel j 'ai participé et qui est venu m'expliquer qu'il fallait un peu de sous pour faire une maternité. "Je la mettrai à ton nom" me dit-il. Ce n'était pas important mais là‚ m'est venue l'idée‚ "Pourquoi tu n'appellerais pas cette maternité Sasha Bigard ?" Et je trouve que d'un point de vue symbolique‚ c'est vachement bien que mon petit garçon qui par sa naissance‚ va génèrer de l'argent sache plus tard que cet argent à été converti en amour pour les autres.

Ca me fait rigoler car un jour‚ quand il sera en âge de comprendre‚ je vais lui dire "Tu sais que tu as une maternité au Burkina Faso‚ où pour l'instant les femmes accouchent dans des conditions très difficiles et parfois même sur la terre battue" ! Ca me fait plaisir de créer cette réalité et de partager l'amour qu'on reçoit avec ce petit garçon.

Q : Pourquoi n'avez-vous fait cet enfant que maintenant ?

R : On s'est marié en février 1991. Juste après notre mariage‚ nous sommes à Saint Tropez‚ on va à la Clinique de l'Oasis‚ qui n'existe plus donc on peut en dire du mal‚ [rires] ils font une hystéro-salpingographie à ma femme‚ qui consiste à envoyer un produit dans les trompes‚ afin de déterminer si elles fonctionnent bien‚ si elles ne sont pas bouchées. Suite à cet examen‚ ma femme fait une septicémie et se retrouve avec 41°C de fièvre pendant 8 jours‚ entre la vie et la mort. Ensuite‚ elle subira 4 opérations en deux ans dont l'ablation des trompes‚ un vrai cauchemar…

Il a donc fallu attendre longtemps pour que tout se remette en place afin de tenter‚ puisqu'elle avait une ovulation normale‚ des Fécondations In Vitro [FIV].

Au bout de 18 ans de mariage‚ on a quand même fait 11 FIV dans à peu près… tous les pays du monde ! J'ai donné ma semence un petit peu partout [rires] et là notre dernière dernière dernière chance‚ c'était à Moscou avec le médecin Italien‚ Severino Antinori‚ un homme que j'adore. Et pourquoi Moscou ? Parce que les donneuses d'ovules là-bas‚ il y en a un million et qu'à Barcelone ou à Rome il n'y en a que 100 ou 200. Ce sont souvent des étudiantes‚ qui doivent préparer leur corps‚ avoir des hormones‚ pour faire un don d'ovules et le secret de ce médecin c'est qu'il sait bien choisir les personnes et il a des petits secrets qui font que l'on a l'impression d'avoir gagné dans le cinquième set un match de tennis après avoir sauvé 32 balles de match !

Ca a marché‚ on a mis deux embryons. Et quand Claudia en a perdu un‚ on a cru que c'était une fausse-couche totale…

Il y a eu pendant 2-3 heures un moment de flottement‚ de tristesse‚ d'inquiétude et de chagrin où on s'est dit "bon et bien c'était la onzième et la dernière fois". Mais il y avait un examen de sang en cours‚ et là on lui a annoncé : Madame Bigard vous êtes toujours enceinte. On est passé par plusieurs étapes : vous étiez enceinte‚ vous n'êtes plus enceinte‚ ah bah si vous êtes toujours enceinte. Tout ça en quelques heures !

Elle avait fait une fausse-couche d'un des deux petits embryons et l'autre s'était accroché : Sasha s'est accroché au mur.

Nous avons vécu avec une épée de Damoclès pendant huit mois car l'utilisation de la cortisone pendant tant de temps n'est pas sans conséquences. Chaque jour passé de cette grossesse était un jour de gagné. On se disait : On a gagné encore un jour ! On a gagné encore une semaine !

L'équipe médicale‚ [autant les sages-femmes admirables sous la houlette de Colette FOULON] et les médecins qui travaillaient tous ensemble [le Dr CORNET l'anesthésiste‚ le professeur Jean-Jacques ROUBY ami de longue date et responsable du service de réanimation de la Salpêtrière‚ le professeur DOMERGUES chirurgien obstréticien‚ et le professeur Annick ANKRI l'hématologue]‚ se réunissaient chaque semaine pour savoir s'il fallait augmenter ou diminuer les doses car les dangers devenaient de plus en plus grands au fil de la grossesse.

Claudia étant auto-immune de ses plaquettes‚ elle risquait une hémorragie à tout moment… On est arrivé comme ça‚ jour après jour‚ jusqu'à 7 mois et à peine trois semaines… Jusqu'au jour où elle a commencé à développer d'autres petits soucis dans le sang qui sont comme des voyants qui s'allument sur un tableau de bord.

A la énième réunion entre tous les médecins‚ ils se sont dit que le bébé était viable mais en revanche si on continuait la grossesse jusqu'à son terme cela devenait dangereux pour la maman et ils ont estimé que c'était le moment idéal‚ pour le bébé et pour la maman. La décision à été prise de faire la césarienne le 19 juin. Sasha est arrivé beau comme un dieu‚ ses poumons étaient bien terminés. Claudia risquait de faire de l'hyper tension c'est pourquoi elle a accouché sous anesthésie générale parce qu'elle n'avait pas assez de plaquettes pour faire une péridurale.

C'est moi qui ai pris le bébé dans mes bras en premier et ensuite on est allé lui présenter son fils dans la salle de réveil.  Elle était complètement dans le coltard et elle lui a simplement dit je t'aime mon amour‚ à moitié endormie.

Tout de suite Sasha nous a montré que tout allait bien pour lui‚ qu'il était calme‚ serein et en paix.  C'est un bébé qui ne pleure absolument pas.  On l'a trituré de partout parce qu'il nous a fait une grosse peur. Il a commencé‚ comme sa maman‚ à détruire ses plaquettes. Mais c'était normal car il avait hérité les anticorps de sa maman.  Il a été perfusé et traité à la Tégéline et ne s'est jamais plaint : un vrai petit ange. Maintenant il est presque totalement débarrassé des anticorps de sa maman définitivement‚ car cette maladie pour lui n'était que transitoire.

On a un beau bébé en pleine santé.

Claudia vient d'avoir 47 ans et moi 55 ans‚ le petit est arrivé le lendemain du Stade de France de son père‚ la veille de l'anniversaire de sa grand-mère‚ juste avant la fête des pères et près du 24 juin‚ l'anniversaire de mon père‚ de ma femme et de Ticky Holgado qui était un grand ami. Cela fera une dizaine de jours de fête absolue tous les mois de juin.

Q : Du coup malgré tout ce que l'on a pu dire sur vous à cause des deux phrases que vous avez dites dans le cadre de la promo de Clérambard [des phrases relatives au 11 septembre 2001‚ ndlr]‚ vous êtes encore plus remonté que jamais ?

R : Absolument. Je le dis sur mon site Internet‚ http://www.bigard.com/‚ où j'explique les doutes que j'avais sur la version officielle donnée par le gouvernement américain à propos des événements du 11/09. 
Et je ne suis plus seul maintenant ! Il y a des mecs sérieux‚ des scientifiques qui ont aussi payé cher le fait d'émettre le doute qu'ils avaient. Aymeric Chauprade‚ par exemple‚ qui occupait un très haut poste stratégique au Centre International de la Défense‚ qui a carrément été viré par Hervé Morin‚ son ministre de tutelle‚ car lui aussi avait émis des doutes sur cette version officielle. On peut aussi citer Guillaume Dasquié‚ journaliste d'investigation‚ qui s'est retrouvé en garde-à-vue pour avoir parlé un peu. C'était presque comme s'il avait menacé la sécurité de l'état !

Ca m'a coûté ma pièce [Clérambard‚ ndlr]‚ ça m'a vraisemblablement coûté mon film‚ Le Missionnaire‚ qui fera un carnage à la télévision‚ à n'en pas douter car c'est un film excellent. [Oui c'est un film excellent ndlr]

On m'a ch** dessus et demandé de ne rien dire en haut lieu. Ma femme m'a demandé de penser à la sécurité de notre famille car‚ à cause de ces phrases‚ j'ai été menacé de mort.

On a reçu une bonne dizaine de lettres de menaces de mort‚ tout ça parce que les journaux ont titrés Bigard Nie le 11 Septembre‚ ce que je n'ai jamais fait. J'ai juste dit deux phrases sur l'avion du Pentagone… Je reparlerai de tout ça plus en détail et avec des propos bien choisis. Maintenant que mon bébé est à l'abri et avec la permission de ma femme‚ on ne pourra plus me ch*** dessus sans que je me défende. Je veux que mon bébé voit son père servir avec des balles neuves.

Le fait d'avoir était traîné dans la m**** et de ne pas avoir répondu‚ donnait raison à ceux qui me traînait dans la m****. J'ai perdu mon statut de héro national‚ celui qui ne ferme jamais sa gueule et à qui on ne fait jamais fermer sa gueule !

Je vais tenter de récupérer cette place‚ qui est la mienne‚ celle d'un homme digne‚ honnête‚ gentil mais sans pitié avec la peur des autres. Je suis le bouffon de la République‚ je suis aussi là pour dire si la liberté d'expression est menacée dans mon pays !
Et personne ne me coupera ni la tête‚ ni la langue ! En plus‚ il paraît‚ aussi‚ que je suis un ami du président donc on ne me mettra pas en prison !

Q : Il semble que quelques personnes aient été interpellées que vous soyez allé à l'hôpital public ?

R : Je rappelle que Claudia travaille à la Salpêtrière puisqu'elle est psychologue au service d'encologie du professeur KHAYAT mais jamais‚ même si on pouvait dire "ici on est en famille"‚ jamais nous ne sommes passés devant qui que ce soit. Nous sommes arrivés avec humilité pour recevoir les compétences‚ les qualités humaines et professionnelles qu'ont tous les gens qui travaillent dans les hôpitaux publics. Le room-service est un peu moins bien qu'à l'Hôpital Américain‚ certes‚ mais la qualité des soins est inégalable.

Q : L'actualité de Jean-Marie Bigard se présente comment ?

R : Je vais faire une très jolie tournée qui commence en novembre‚ qui va s'intituler C'est La Tournée Du Patron. Je suis en train de faire un travail qui me ravit puisque je reprends toutes les pépites de mes spectacles dont certaines que je redécouvre. Ce sera donc un spectacle idéal avec tout ce qui s'est passé de mieux avec le public lors de mes 8 spectacles et de mes 20 ans de carrière. Je m'offre le plaisir de faire un spectacle avec la Dream Team de mes sketches. Certains resteront à l'identique comme celui de La chauve-souris‚ mais je vais venir piquer dans les meilleurs sketches et faire des jointures pour que les gens se régalent avec les moments les plus forts. Même pour moi‚ c'est un bonheur total ce petit puzzle que je vais faire.  C'est comme si je reprenais un couplet et un refrain pioché au milieu de cent titres.  Car un spectacle c'est 12-13 sketches avec un rappel pour que ça fasse 1h45 mais cette fois je vais prendre 30 sketches d'où je tirerai de chacun le meilleur.  Je vais agrémenter tout ça avec ce qui me semble essentiel‚ c'est-à-dire pour un humoriste‚ tout ce qui nous gonfle.

On ne peut plus boire‚ ni fumer‚ ni baiser‚ ni ouvrir sa gueule‚ ni parler fort… On se demande si on a encore le droit de penser !

Je pense que ça va bien régaler tout le monde parce que ce seront des sujets neufs que je vais traiter en une ou deux minutes chacun en mettant ce qu'il y a de plus drôle. Ca promet d'être un vrai spectacle que tout le monde pourra apprécier‚ surtout mes fans‚ qui ne s'attendent pas à ce que je reprenne des petits bouts comme ça et que j'en fasse une continuité. Ca va boucler la boucle de mes 20 premières années de carrière et je suis déjà à l'écriture de mon neuvième spectacle. Je terminerai cette tournée au Zénith de Paris entre le 1er et le 10 avril 2010 pour cinq ou six soirées.

Q : Est-ce que vous allez emmener Sasha en tournée ?

R : Non ! Je n'ai jamais emmené ma femme ! Je suis un samouraï qui se promène en solitaire. Je n'ai autour de moi que mon équipe. Mes 7 chefs de poste dont je ne me sépare jamais depuis 20 ans‚ car a leur manière‚ ils sont aussi des urgentistes…

Partie 2 : Epouse Bigard… par Jean-Marie

Q : Comment avez-vous découvert que vous aviez des problèmes pour faire un enfant ?

R : Au départ je n'avais aucun problème. Il y a 20 ans‚ un mois après notre mariage‚ la gynécologue que j'avais à l'époque‚ m'a dit que j'étais apte à faire des enfants naturellement comme toutes les femmes. J'ai subi un examen et une hystéro-salpingographie des trompes. Par contre‚ il fallait que ce soit à un jour X et n'étant pas à Paris ce jour-là‚ mais dans le Sud de la France‚ j'ai fait cette hystéro-salpingographie sur place. Suite à cet examen‚ pourtant très banal‚ j'ai fait une septicémie. Pendant huit jours je suis restée entre la vie et la mort et j'ai subi l'ablation de mes trompes. Le seul moyen‚ [une fois sortie d'affaires] pour avoir un enfant‚ était de faire des fécondations In Vitro.

Q : Vous en avez fait beaucoup‚ tout de suite ?

R : A l'époque‚ je devais avoir 27/28 ans‚ c'était un petit peu difficile‚ on étaient jeunes‚ tous ces soucis un mois seulement après le mariage… Il m'a fallu deux ans pour récupérer toutes ma santé et on a commencé les FIV‚ doucement‚ on avait le temps. Du moins - on le pensait à l'époque - d'abord une fois par an‚ puis deux et puis le temps a passé…

Q : Qu'est-ce qui vous a donné le courage‚ l'envie‚ alors que l'on connaît aujourd'hui tous les risques que comporte une grossesse à 46 ans ? Vous n'avez jamais lâché ?

R : En fait je crois qu'il y a une différence entre baisser les bras et lâcher prise. Avec les années j'avais‚ quelque part‚ déjà fait le deuil. C'est-à-dire que j'acceptais de ne pas avoir d'enfant. Après 40 ans on a une certaine maturité. Je lâchais prise mais je ne baissais pas les bras. Je m'étais donné un objectif jusqu'à un certain âge.  Je me suis dit que j'allais essayer car c'est très important de pouvoir s'endormir en se disant " j'ai fait tout ce qui fallait ". Vous savez‚ je travaille dans le milieu hospitalier [Elle s'occupe de personnes atteintes de cancer et y compris des personnes en fin de vie au service du professeur Khayat à la Salpêtrière‚ ndlr] bien qu' il y ait de plus en plus de recours face à la maladie il y a toujours le décès. Malheureusement‚ je travaille beaucoup avec la mort ! On meurt comme on vit‚ avec courage et dignité. Je m'endors chaque soir‚ heureuse‚ en me disant " j'ai fait ce que j'avais à faire aujourd'hui ! " Pour le bébé‚ cela a été pareil. Il fallait que j'aille jusqu'au bout de mon objectif et avec l'âge c'est vrai que j'augmentais beaucoup plus les FIV. Les dernières années j'en ai fait jusqu'à 4 par an. C'était lourd‚ mais le temps courait aussi contre moi !

Q : Quelles démarches avez vous faites pour trouver ce médecin qui accepterait sachant qu'en France la limite pour les FIV est à 42 ans ?

R : Je ne l'ai pas fait en France. Au début j'ai commencé avec mes propres ovules‚ mais avec le temps j'avais beaucoup moins d'ovulations‚ c'est normal… J'ai eu recours à une donneuse et ça aussi ça ne se fait pas en France. J'ai voyagé avec Jean-Marie un peu partout‚ au Brésil‚ en Espagne et les deux dernières fois [dont celle qui a marché] à Moscou avec le professeur Antinori‚ un médecin italien spécialisé très connu‚ qui a très bien fait son travail et aussi… surtout des miracles !

Q : Cela vous a pris combien de temps entre votre rencontre avec le professeur Antinori‚ et le moment où vous êtes tombée enceinte de Sasha ?

R : Assez vite avec lui. J'ai fait deux FIV‚ l'une après l'autre. Bien sûr il y a le temps de la préparation de l'utérus et aussi celui de la donneuse. Tout cela a pris entre 8 mois et un an.

Q : Comment avez-vous vécu cette grossesse ? Des craintes ? Des peurs ? Cool ?

R : Je médite beaucoup‚ je crois beaucoup‚ j'ai la foi donc cela m'a beaucoup aidé à ne pas être stressée mais j'étais quand même très angoissée par la mort constamment car depuis 4 ans‚ je souffre de la maladie Purpura Thrombopénique Immunologique‚ seule 1 personne sur 10 000 souffre de cette maladie‚ c'est un manque de plaquettes. J'ai entre 40 000 et 80 000 plaquettes alors qu'il en faut minimum 200 000 pour permettre la coagulation et ne pas saigner. Avec moins de 30 000 plaquettes‚ on a le risque d'un Accident Vasculaire Cérébral.

Mais souvent lors d'une grossesse certaines femmes augmentent leurs taux de plaquettes et par conséquent la grossesse se passe très bien. Ce n'était malheureusement pas mon cas‚ c'était incompatible. Donc plus les mois passaient‚ moins j'avais de plaquettes. J'ai fait 4 hémorragies‚ dont une où j'ai fini en réanimation. Au départ‚ j'attendais des jumeaux mais j'en ai perdu un à la première hémorragie. A la deuxième‚ on a vraiment cru que le bébé ne tiendrait pas… voilà pourquoi j'avais cette angoisse de mort ! Il y avait ma vie en danger et cette autre petite vie en moi. Ca a été très difficile. J'ai passé 6 mois dans un lit et ensuite moins j'avais de plaquettes plus j'avais besoin de mon traitement de Tégéline et de corticoïdes‚ avec tous les effets secondaires dangereux pour le bébé.

Je passais donc une semaine à la maison‚ une semaine à l'hôpital pour recevoir ce traitement. C'était un peu dur‚ mais ma vie avec Jean-Marie n'a jamais été facile [rires] non je plaisante mais c'est vrai que Jean-Marie et moi on a le chic pour toujours tomber sur la complication exceptionnelle [rires]. Mais‚ j'avais le désir et la foi donc j'ai pris le risque et ça valait le coup !

R : Sasha à la même maladie mais transitoire‚ c'est-à-dire qu'il l'a attrapé au travers du placenta mais grâce au traitement‚ elle n'a duré que 8 semaines. Il est né avec beaucoup de plaquettes mais 24 heures après il a fait une grosse chute et donc il a reçu le même traitement que moi. Nous avons eu très peur mais au plus fort de mon angoisse j'ai toujours fait confiance à mon bébé‚ depuis le 1er jour ou j'ai senti battre son coeur.

Q : Pourquoi avoir fait une césarienne ? A cause du problème de plaquettes ?

R : Oui‚ les choses ont été compliquées du début à la fin‚ dès le début de la grossesse hémorragies sur hémorragies et à la fin une pré-éclampsie. La césarienne était obligatoire car je n'avais pas assez de plaquettes pour recevoir une péridurale ni pour risquer un accouchement‚ par les voix naturelles‚ à cause‚ du risque hémorragique.

Q : Comment avez-vous vécu cet accouchement ? Votre mari était-il à vos côtés ? Vous aviez rendez-vous pour votre césarienne ?

R : Le rendez-vous pour la césarienne était prévu pour le 7 juillet mais SASHA est né le 19 juin ! Si Jean-Marie n'avait pas été là dès le départ‚ je n'aurais pas tenu le coup parce que c'était très difficile mais son soutien a été énorme. C'est dur pour un mari après tant de temps‚ tant de FIV et autant de déceptions et de frustrations‚ mais il était là tout le temps ! Je suis rentrée au bloc à 11 :00 du matin et j'en suis sortie à 19 :00 et il était là debout derrière la porte ! Il n'a pas pu venir au bloc car il y avait un risque vital pour moi et pour le bébé‚ et il se serait trop angoissé.

Q : L'arrivée de Sasha dans votre vie change quoi ? Ca chamboule toutes vos habitudes‚ vos programmes ?

R : Le programme‚ depuis des années‚ c'était de faire un bébé ! [rires] C'est un tel bonheur qu'on n'y croît pas encore ! Je cherche les piles sur mon bébé [rires] Je me demande s'il est vrai ! Il va falloir passer ce cap‚ surtout que je suis resté enfermée depuis le début de ma grossesse et maintenant je vis dans un monde merveilleux. Je sais qu'il va falloir encore du temps pour réaliser qu'il est là.

Avec Jean-Marie‚ c'est étonnant‚ on se regarde et on se dit " voilà le vrai bonheur "‚ pourtant on était persuadés d'avoir déjà le bonheur avant‚ mais maintenant on a l'impression de ne jamais l'avoir connu‚ jusqu'à la naissance de Sasha !

Leur bonheur fait plaisir à voir et on en peut que souhaiter à la famille‚ tout le bonheur du monde !

Merci à Jean-Marie Bigard pour cette émouvante auto-interview.

Interview exclusive ne pouvant être reprise‚ même partiellement‚ sans citer purepeople.com.

 
 
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