Jacques Chirac - Un président de la République... renvoyé au tribunal correctionnel ! Unique dans les annales !

Personnalité politique préférée des Français‚ Jacques Chirac s'apprête à sortir un livre‚ des mémoires intitulés Chaque pas doit être un but‚ aux éditions NIL le 5 novembre. C'est une promotion extrêmement ciblée et organisée qui a été mise en place pour ce livre - il sera chez Michel Drucker le 29 novembre‚ ainsi que sur Europe 1‚ interviewé par Jean-Pierre Elkabach‚ et ne devrait pas faire de JT. Pourtant‚ si son ouvrage s'annonce comme un succès dans les librairies puisque l'homme y révèle les dessous de sa vie privée et politique‚ il n'est pas au beau fixe en matière de justice. Lors de la promotion de ce livre‚ y aura-t-il interdiction aux journalistes de parler de la décision qui vient de lui être signifiée aujourd'hui ? Sans doute. Surtout pour qu'on ne l'accuse pas de se défendre avant l'heure.

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En effet‚ l'ancien président de la République‚ s'il bénéficie d'un non-lieu pour le chef d'accusation de "faux en écriture publique" [ce qui constituait le plus grave retenu !] prononcé par le parquet de Paris‚ est néanmoins renvoyé ce 30 octobre devant le tribunal correctionnel pour "21 supposés emplois fictifs" à la Mairie de Paris ! Une décision‚ sûrement très réfléchie‚ de la juge d'instruction Xavière Siméoni‚ alors que le parquet avait requis un non-lieu général pour l'ensemble du dossier…

Dans un communiqué de presse provenant de son bureau‚ Jacques Chirac se présente comme un justiciable confiant qui s'estime non coupable‚ comme l'indiquent les propos suivants :

"Le président Chirac a pris connaissance de la décision rendue ce jour par Mme Xavière Siméoni‚ juge d'instruction. Cette décision prononce un non-lieu pour le chef de faux en écriture publique. En revanche‚ contrairement aux réquisitions du parquet‚ elle renvoie devant le tribunal de grande instance de Paris le président Chirac ainsi que neuf autres personnes pour 21 supposés emplois fictifs sur les 481 emplois examinés par la justice‚ ce qui exclut toute idée de système durant la période où il a été maire de Paris. Le président Chirac prend acte de cette décision en justiciable comme les autres. Il est serein et décidé à établir devant le tribunal qu'aucun des emplois qui reste en débat ne constitue un emploi fictif."

Jacques Chirac et une dizaine d'autres personnes vont donc devoir faire face de nouveau à la justice selon les volonté de la juge d'instruction Xavière Simeoni. La mise en examen de cette figure politique date du mois de novembre 2007‚ dès lors qu'il avait perdu l'immunité présidentielle‚ pour détournement de fonds publics durant ses mandats de maire de la capitale‚ de 1977 à 1995. Face à la justice‚ il avait alors dit "assumer la totale responsabilité de ces recrutements"‚ arguant de leur utilité‚ et niant tout détournement.

A 76 ans‚ Jacques Chirac a derrière lui une longue carrière politique débutée dans les années 60. Il devient député de Corrèze en 1967‚ puis dès 1971 ministre délégué des relations avec le Parlement‚ puis de l'Agriculture‚ de l'Intérieur‚ Premier ministre et maire de Paris. Jusqu'au stade ultime de la présidence de la Ve République de 1995 à 2002. Après avoir quitté l'Elysée‚ il s'est consacré à sa fondation pour le développement durable et pour le dialogue des cultures‚ a pu admirer la création du musée des arts premiers du Quai Branly et a offert au public de truculentes anecdotes avec son épouse Bernadette

Par ailleurs‚ un autre dossier reste en suspens‚ celui des emplois fictifs du RPR‚ supposés payés par la Ville de Paris durant le mandat municipal de Jacques Chirac. Aujourd'hui‚ il peut se "targuer" d'être le premier ancien Président à être mis en examen et désormais le premier a être renvoyé en correctionnelle‚ toujours dans le cadre de l'affaire des emplois présumés de complaisance.

La juge Xavière Siméoni a dû avoir de nombreuses insomnies ! Eût-elle suivi les réquisitions du parquet et donné un non-lieu général‚ toute la classe politique de gauche lui serait tombé dessus. Renvoyer Jacques Chirac pour l'ensemble du dossier aurait généré un tollé de l'autre bord politique. Elle a choisi la meilleure des plus mauvaises solutions : que le tribunal se débrouille avec les supposés emplois fictifs [on peut compter sur l'ancien président pour se défendre au mieux‚ d'ailleurs l'ordonnance de renvoi stipule bien "supposé"…] tout en évitant de rentrer dans le délit plus important qu'aurait été les "Faux en écriture publique" - un délit infâmant…

Pour le moment‚ Jacques Chirac est en vacances‚ en famille à Taroudant au Maroc‚ dans un endroit qu'il affectionne depuis les années‚ l'hôtel "La Gazelle d'Or". Il est en compagnie de Martin‚ son unique petit-fils‚ et‚ d'après son entourage‚ est extrêmement zen.

 
 
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